L'armistice du 11 novembre 1918

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L'armistice du 11 novembre 1918

Le bilan humain de la guerre

PaysPopulation en 1913Effectifs mobilisés dans la guerreMorts et disparus% des effectifs mobilisés% de la population totale

France

39 600 000

8 500 000

1 400 000

16,74 %

3,54 %

Allemagne

64 900 000

13 250 000

2 000 000

15,09 %

3,08 %

Autriche / Hongrie

50 600 000

9 000 000

1 543 000

17,14 %

3,05 %

Italie

36 100 000

5 600 000

750 000

13,39 %

2,08 %

Grande-Bretagne

45 400 000

9 500 000

744 000

7,83 %

1,64 %

Russie

142 000 000

13 000 000

1 700 000

13,08 %

1,20 %

Belgique

7 400 000

380 000

41 000

10,79 %

0,55 %

Etats-Unis

92 000 000

3 800 000

116 000

3,05 %

1,13 %

D'après J.-L. Robert (dir.): le XXe siècle, Bréal, 1985.

74 millions d’hommes ont été mobilisés au total. La Grande Guerre fait 8,5 à 10 millions selon que les prisonniers sont comptabilisés avec les disparus ou avec les morts, 13 millions si l'on ajoute les morts de la guerre civile en Russie. Cela représente un mobilisé sur 6 en France et en Allemagne.

Les puissances secondaires n’apparaissent pas dans ce tableau statistique : la Turquie, la Serbie, la Bulgarie qui comptent entre ¼ et 1/3 de pertes sur les contingents mobilisés.

L'importance des pertes humaines s'explique par la durée du conflit et des batailles, par la puissance de feu mise en œuvre. Les différences observées s'expliquent par l’engagement précoce ou différé dans la guerre (Italie, États-Unis).

On peut aussi différencier les morts selon leur âge: ce sont surtout des hommes jeunes (60 % ont entre 20 et 30 ans et 12 % moins de 20 ans), selon leur grade : les officiers ont été plus touchés que les hommes de troupe, ou leur origine sociale : les agriculteurs sont les premières victimes du conflit suivis par les classes moyennes. Le pourcentage de pertes par rapport aux mobilisés ou aux combattants chez les soldats coloniaux est légèrement inférieur à la moyenne nationale en France.

La grippe espagnole (« L'épidémie de grippe ») qui a touché tous les fronts entre l’été 1918 et le printemps 1919 a aussi tué un million de soldats.

À ces morts, il faut ajouter deux fois plus de blessés.

Les chiffres montrent aussi l'ampleur de la mobilisation, caractère de la guerre totale. Les grandes puissances ont aligné des effectifs sans précédent.

Le bilan a des conséquences économiques lourdes : pensions aux invalides, aux veuves et aux orphelins. Les conséquences démographiques sont importantes : déséquilibre numérique entre hommes et femmes, déficit des naissances qui engendre un phénomène de classes creuses et un vieillissement de la population particulièrement sensible en France.